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Regard sur les fondements du chômage endémique des jeunes !

Posté par: Enessam Chimer| Mercredi 08 mai, 2013 18:28  | Consulté 1759 fois  |  4 Réactions  |   
« Il nous faut refuser de laisser nos moyens de vivre compromettre notre raison fondamentale de vivre ». Hubert Beuve-Méry 

Au 21ème siècle, nos enfants ont bien du mal à trouver du travail. C’est lamentable ! Cependant, plusieurs raisons et facteurs expliqueraient cette pandémie : le "cancer du chômage" qui se développe et produit son lot de victimes usées et meurtries.

Il serait fort utile que notre système éducatif prenne en compte tous les aspects du phénomène pour donner des chances à nos enfants de pouvoir s'intégrer dans le processus de valorisation de leurs connaissances et aptitudes.

Il faut reconnaitre et admettre cette première constatation : notre jeunesse souffre d'un manque notoire d'éducation qui transparaît de façon évidente et dramatique à travers les échanges avec les entreprises proposant des offres d'emploi. Les postulants ont cette mauvaise habitude d'utiliser un langage irritant les mettant en très mauvaise posture et les cataloguant de façon négative.

Le constat est sans appel : sur un échantillon de 100 à 200 demandes, 80 à 85% des candidats commencent  leur lettre d'accompagnement par ce mot: "Salut". Le vocable "Bonjour" est – de loin – à préférer à cette expression d'une "vulgarité" déconcertante et qui pousse les recruteurs à écarter, d'emblée, pareille candidature; sans chercher à étudier, outre mesure, le profil du postulant.

Pire encore, le "Salut" est parfois simplement réduit pour donner "Slt" et certains ne se gênent pas du tout pour terminer ainsi : "ciao", "biz"….

Le soin apporté à la rédaction de courriers et à la mise en forme des documents transmis (lettre d'accompagnement, lettre de motivation, Curriculum vitae) est parfois lamentable et heurte certaines sensibilités. Un genre littéraire qui frappe de prime abord et des fautes d’orthographe d’une telle atrocité – attestant de graves lacunes dans la formation – jalonnent ces « posts »; courriers constituant, pourtant, la première impression que l’on se fait du profil.

Bien souvent, il arrive que les demandeurs d'emploi fassent état d'une expérience qu'ils jugent – eux-mêmes – louable voire même solide. Sans sourciller ! Ce qui les pousse, bien entendu, à émettre des prétentions salariales démesurées; alors même que ces expériences se limitent seulement à deux ou trois stages.

Quand bien même ces périodes d’études pratiques sont effectuées dans de grandes entreprises de la place, les "expériences" qu’on en tire ne sauraient nullement justifier certaines prétentions ; ces postulants s’excluant, du reste, d’office. Être ambitieux ne doit pas forcément amener à être prétentieux !

Pareillement, pouvoir justifier de diplômes obtenus est une excellente chose; mais, le diplôme reste un indicateur et permet juste de faire valoir un certain cursus. Malheureusement, beaucoup de candidats ne font guère le distinguo entre : être diplômé et jouir d'une bonne formation.

À cet effet et sans intention d'émettre un quelconque jugement et/ou appréciation sur la qualité des enseignements dispensés dans les écoles de formation – ces dernières poussant, de nos jours, comme des champignons – il demeure que le « savoir » est encore, essentiellement, acquis seulement dans les Universités dites publiques.

En effet, dans beaucoup d'écoles sensées préparer les jeunes à la vie active en leur

ouvrant le champ très restreint de l’emploi salarié, la formation académique est très limite, pour ne pas dire extrêmement médiocre, et laisse subsister des lacunes inadmissibles pour des universitaires.

Or, la qualité demeure un objectif commun: l'employeur comme le salarié concourant à faire de cette exigence une réalité incontournable et indispensable pour pérenniser aussi bien la structure pour l'un et l'emploi pour l'autre.

Pour se faire, ils conjuguent leurs efforts, en vue de la marche optimale de l’entreprise : l'employeur fournissant, en plus d’une rémunération conséquente, des moyens adéquats et le salarié exécutant avec intelligence, diligence et probité les prestations confiées en apportant, son savoir-faire et ses compétences.

Il va de soi que d’un point de vue esthétique voire simplement normatif, la diction – en d’autre terme l’élocution – est tout simplement affreuse, exécrable même ! Inutile de parler du massacre de la langue française : l’ouïe est tout simplement blessée. C’est simplement scandaleux ! Débattre de ce déficit qui tend à se généraliser, touchant toutes les couches sociales, serait : psalmodier un truisme en voulant débattre de l’existence du soleil !

Tout, ou presque tout est à refaire ou à reprendre et les autorités ont un rôle primordial et prépondérant à jouer. Malheureusement, dans la plupart des Etats en développement, les autorités se gardent – sournoisement – de fixer et ou de veiller au respect des conditions auxquelles les établissements privés d’enseignement doivent se plier pour bénéficier, en retour, de prérogatives ou d'avantages matériels.

Faute de pouvoir ou de vouloir mettre en place des structures aptes à accueillir tous les détenteurs du sésame permettant d'intégrer le cycle universitaire, nos États – "défaitistes", essentiellement déficitaires et contraints de faire participer le « privé » à leur action – font la sourde oreille et mettent des œillères face aux critères impératifs et aux normes indispensables devant prévaloir à la reconnaissance officielle de ces établissements d’enseignement. Malheureusement !

Il y’aurait beaucoup à dire sur le chômage endémique des jeunes ; tout autant structurel que conjoncturel.

Certes, le Sénégal n'est pas le seul pays confronté à ce dilemme: le chômage hante tous les dirigeants de ce monde !

Heureusement que notre conscience de la nécessaire solidarité entre les hommes et notre rejet de l'individualisme nous rendent plus à même de contenir ce mal et de ne point sombrer dans la déchéance et le chaos.

En effet, il faut dire - pour s'en féliciter - que sous nos cieux, ce mal est vécu de façon moins dramatique qu'ailleurs. Dieu Merci ! Notre foi –  Musulmans comme Chrétiens – nous y aide beaucoup, c'est vrai ! 

Bien entendu, ceci et cela n'excuse, ni ne justifie que toute cette jeunesse subisse le traumatisme de ce fléau ; aucun patriote digne de ce nom ne saurait - du reste - cautionner cette exclusion et ce peu de considération à leur endroit.

Il faut souligner – pour le déplorer – que depuis nos indépendances, certains prédateurs ont conduit à l'approfondissement de la situation en privant les finances publiques de ressources considérables. 

Dans le lot des facteurs néfastes qui plombent la relance et exacerbent la précarité, les politiques d'ajustement structurel imposées, depuis des décennies, par les puissances impérialistes n'ont pas facilité la tâche à nos gouvernements.

Pareillement, nos institutions financières trop frileuses sinon beaucoup trop capitalistes n'ont pas permis aux entreprises de recruter comme il aurait été souhaitable qu'elles puissent le faire.

Ce piteux sort renvoie cruellement à cette maxime de Simone de Beauvoir : « Il est peu de vertus plus tristes que la résignation ; elle transforme en fantasmes, rêveries contingentes, des projets qui s’étaient d’abord constitués comme volonté et comme liberté ».

Mais, il nous faut refuser le fatalisme ! Oui, il nous faut le refuser, à tout prix. Pour reprendre un certain Barack, je suis même tenté d’ajouter : Yes, we can !!!

Certes, l’actuel Gouvernement donne le sentiment de vouloir prendre le taureau par les cornes. Il faut bien le souligner et encourager cette démarche. Car et je me plais à le dire souvent : « Au Pouvoir, il faut de l’imagination ; pas de l’utopie, ni du délire ». Pire en s’endormant emmuré, un pouvoir se meurt !

Toutefois, il faut admettre que la Fonction publique n'est pas un "grenier" et il serait utopique de penser qu'elle pourrait – à elle seule – résorber le chômage.

Par contre, il est universellement admis que l’entreprise porte la croissance et est pourvoyeuse d’emplois ; aussi, l’option de l’Etat devrait – pensons-nous – s'orienter RÉSOLUMENT vers une incitation fiscale conséquente pour permettre au secteur privé de recruter massivement les jeunes.

Egalement, il nous faudra une autre approche pour doper ce secteur vital de notre économie : l’agriculture.A cet effet, il conviendra de permettre, en priorité, au véritable paysan – c’est-à-dire l’homme originaire et gardien de la nature – de se moderniser et utiliser les énergies renouvelables pour doter nos terroirs de ces précieux atouts : l’eau et l’électricité.

En permettant ainsi à ce paysan de tirer le meilleur profit de la "sueur" de son front, l’exode rural sera mieux maitrisé et contenu.

Il nous faut véritablement et résolument crever l'abcès pour ouvrir les vannes du changement et résorber substantiellement le chômage.

La fainéantise, l’obscurantisme et la facilité constituent des freins – pour l’homme –  à la réalisation de son destin. Barça ou Barsax – en d’autres termes "Emigrer ou Périr" – ce pari insensé – démentiel même – ne me semble pas être une bonne et sage résolution ! Il faut oser le dire : n’avoir d’autre choix que le mirage d’un eldorado – eldorado qu’on voudrait situer, hier comme aujourd’hui, de l’autre coté de l’océan atlantique – sans raison objective, est tout simplement une absurdité !         

En tout état de cause, la jeunesse – notre jeunesse – a le droit, le légitime droit, de revendiquer un meilleur regard sur sa situation.

Les voies et moyens permettant de résorber le chômage chronique des jeunes existent. A très court terme, des milliers d’emplois peuvent être créés !


Enessam Chimer

Militant engagé (Génération 2009) de l’APR

 

 

 L'auteur  Enessam Chimer
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Mann on May 9, 2013 (07:04 AM) 0 FansN°:1
Très bel article, bien documente. On en redemande !
Congolese  on May 10, 2013 (14:54 PM) 0 FansN°:2
Avec ces grèves récurentes au Galsen, il ne faut pas s'étonner du niveau de nos chercheurs d'emplois. *
Anonyme on May 11, 2013 (12:36 PM) 0 FansN°:3
L'agriculture constitue un potentiel immense. Mais il ne peut être la solution pour tous les chômeurs. Il faut absolument segmenter les chômeurs et corréler cela avec les créneaux porteurs, les niches d'emplois pour bien orienter les solutions.
l'option que vous faites de mettre en avant l'agriculture familiale paysanne me semble bien pensé. Il faut en effet freiner l'exode des jeunes ruraux qui trouveraient dans une agriculture modernisée des réponses rapides à leur sous emploi. C'est leur milieu naturel, il n'ont pas besoin d'effort de s'adapter.
Enessam on May 11, 2013 (17:29 PM)0 FansN°: 816499
Je suis tout à fait d'accord avec cette pertinente analyse. Même si l'agriculture demeure un potentiel immense et permettrait de freiner l'exode rural - phénomène contribuant à asphyxier les centres urbains et entraînant l'escalade du chômage - il existe des créneaux porteurs et des niches d'emplois. C'est ce qui m'a fait dire qu'il est très possible de créer des milliers d'emplois et à très court terme. Vouloir, c'est pouvoir; mais, encore faut-il une réelle volonté politique et suffisamment de perspicacité !

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Enessam Chimer
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